Les conditions françaises de production d’électricité faiblement émettrice de CO2 font du chauffage électrique un moyen de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, un outil pour viser le facteur 4 de diminution de ces émissions d’ici 2050.Le problème est que le chauffage électrique coûte cher. Avec les tarifs actuels (le fuel est à 0,5 euro le litre actuellement) il coûte 2 fois plus cher de se chauffer à l’électricité qu’au fuel ou au gaz. Mais il y a à peine quelques mois le litre de fuel est monté à 1 euro : cela peut redevenir la réalité dans peu de temps et rendre de nouveau l’électricité compétitive d’autant plus qu’il n’est pas impossible que soit mise en place une nouvelle taxe carbone renchérissant pour les particuliers le recours au fuel ou au gaz. Autre élément à prendre en compte : le recours à l’électricité pour le chauffage peut être bien plus intéressant avec l’installation de pompes à chaleur aérothermiques ou géothermiques. Electricité compétitive ou pas, il faut se préoccuper du budget chauffage des ménages qui peut être très lourd : il est socialement insupportable d’imaginer que des familles se privent de chauffage, c’est un besoin essentiel. Ainsi dans les perspectives actuelles il faut chercher à réduire ce budget par des mesures d’isolation et de prix bas de la source de chauffage.Un prix bas de l’électricité c’est à la fois bénéfique pour le porte monnaie des familles et pour l’environnement. Il faudrait que des systèmes de tarifications spécifiques encouragent l’utilisation de l’électricité pour le chauffage. Mais une crainte est que dans le cadre du Europe le prix de l’électricité augmente considérablement. Le kWh est environ 2 fois plus cher chez nos voisins et un marché libre uniformisera les prix à la hausse pour les français. Actuellement le tarif de l’électricité est régulé par l’Etat, c’est l’Etat qui fixe le prix. Cette régulation risque de disparaître après 2010.
La Commission Champsaur, chargée par le Gouvernement de réfléchir à l'évolution des prix de l'électricité et à leur encadrement a rendu ses conclusions début avril. Avant qu'elles ne soient rendues publiques, 17 associations de défense des consommateurs se sont associé pour réclamer le maintien des tarifs réglementés après 2010.
Selon ces 17 associations*, "il est acquis que la logique de marché n'est pas adaptée au secteur français de l'électricité et qu'elle ne pourrait qu'obérer un peu plus le pouvoir d'achat des français".Le coût de l'électricité sur le marché européen ouvert (production d'électricité majoritairement à partir de sources fossiles types charbon, gaz) est largement supérieur au coût moyen du kWh nucléaire, arguent-elles. Or le nucléaire constitue l'essentiel du parc de production français.Dans ce contexte, l'organisation d'un marché libre de l'électricité en France sans la préservation d'un tarif réglementé de vente d'électricité garanti par les pouvoirs publics conduirait à des rentes de situation au profit des producteurs électronucléaires, en situation de monopole ou d'oligopole.
Une situation qui nuirait au pouvoir d'achat des consommateurs, estiment les associations.Elles réclament donc le maintien des tarifs réglementés après 2010 pour les consommateurs particuliers et les petits professionnels, et demandent en outre que soit maintenue la réversibilité totale : la faculté de pouvoir bénéficier à nouveau des tarifs réglementés de vente d'électricité, 6 mois après les avoir quittés. Pour tout emménagement d'un consommateur, celui-ci doit par ailleurs pouvoir bénéficier des mêmes tarifs.
* Les 17 associations signataires de cet appel sont : l'Adéic, l'AFOC, l'ALLDC, l'ASSECO-CFDT, la CGL, la CLCV, le CNAFAL, la CNAFC, la CNL, la CSF, Familles de France, Familles Rurales, la FNAUT, l'INDECOSA-CGT, l'OR.GE.CO., l'UFC-Que Choisir, l'UNAF et la FNCCR.