| Ecrit par Quentin_MNLE,
le 12-01-2009 15:11
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Publié dans : Articles, Electricité |
La vague de froid qui s'est abattu sur la France durant quelques jours en Janvier a entraîné des consommations d'électricité record. Des températures certes froides, mais loin d'être exceptionnelles pour un mois de Janvier. Le constat est donc clair : la consommation d'électricité en France ne baisse pas. Quelles peuvent être les causes de ce record?
- Une consommation en hausse constante
Malgré la hausse du coût de l'énergie et les campagnes d'incitation à la sobriété énergétique, la consommation finale d'électricité en France ne cesse d'augmenter. Malgré l'arrivée sur le marché de produits plus efficients, les ménages et le tertiaire (33% de la consommation finale chacun) voient également une hausse alors que les autres secteurs se stabilisent.
 Evolution de la consommation finale d'électricité en France (DGEMP)
Quelles sont donc les causes de ce record, et comment peut-on espérer éviter de le dépasser dans le futur?
- Le problème de la consommation de pointe
On serait tenté de minimiser l'impact de cette hausse par rapport aux autre pays européens puisque notre production d'électricité est moins émettrice de CO2. Toutefois ceci serait une erreur. En effet les centrales nucléaires françaises ne permettent pas de répondre à des variations soudaines de la consommation. Nous sommes capable de moduler la production dite "de base" pour répondre à des besoins plus importants en hiver, mais cela ne concerne que la consommation moyenne tout au long de la journée. Pour les pics rencontrés en soirées lors de l'allumage des éclairages publics et privés et l'augmentation des chauffages dans le résidentiel, on fait appel à d'autres sources d'électricité.
 Evolution de la production et de la consommation d'électricité mensuelle en France en 2007/2008 (UCTE)
Et si on regarde plus précisément la production en fonction de chaque source, on obtient le graphique suivant :
 Détail de la production d'électricité mensuelle en France en 2007/2008 (UCTE)
Sur les deux graphiques, la pointe hivernale apparaît clairement. On voit également que la base nucléaire est régulée selon la saison (avec une production plus importante en hiver), mais que la majorité de la pointe est compensée par l'augmentation de la production d'électricité à partir d'autres combustibles fossiles que l'uranium. Les statitstiques de l'UCTE (Union pour la Co-ordination de la Transmission de l'Electricité) permettent de détailler cette production fossile dans la mesure du possible :
 Détail de la production d'électricité mensuelle fossile (hors nucléaire) en France en 2007/2008 (UCTE)
Malheuresement les données ne permettent pas de détailler l'origine des importations d'électricité. Toutefois, grâce à ces données il est possible d'attacher un "poids carbone" différent selon la période de production. Il est évident que d'un point de vue moyen, l'électricité produite en été est moins emettrice de gaz à effet de serre que celle produite lors des pics de consommation.
Ceci est d'autant plus inquiétant que la France renforce actuellement son parc de centrales fossiles pour palier aux problèmes d'approvisionnement éventuels en hiver. La programmation pluriannuelle des investissements (PPI) de production électrique de 2006 préconise la mise en service de 5200MW (l'équivalent de la centrale nucléaire de Gravelines) d'ici fin 2015, partagés entre turbines à gaz et turbines à fioul.
Le problème de la "décarbonisation" de l'électricité de pointe devient donc de plus en plus important! D'autant plus que les solutions techniques (recours à la biomasse, gaséification des déchets,...) existent. Nous reviendrons sur celles-ci dans un article ultérieur.
- D'où vient le pic de consommation?
Si il est logique que la consommation électrique augmente en hiver en France (ceci étant dû à l'abondance de chauffages électriques et à l'éclairage public et privé), il est plus difficile de comprendre pourquoi la consommation ne cesse d'augmenter au fil des ans alors que le prix de l'énergie augmente et que les appareils "efficients" envahissent nos maisons.
Plusieurs raisons expliquent ces chiffres :
- Le parc d'habitation continue tous les ans d'augmenter (environ 1,1% par an, actuellement, nous sommes à plus de 26 millions de résidences principales en France). Même si les nouveaux logements sont moins énergivores que les précedents, cela entraîne tout de même une hausse de la consommation globale.
- Si les consommations d'énergie liées au chauffage ont diminué, les demandes liées à "l'électricité spécifique" one explosé. Ceci concerne donc tous nos appareils electro-ménagers : refrigérateur, congélateur, lave-linge, sèche-linge, mais aussi tous les équipements audiovisuels, les ordinateurs, les écrans, les box internet, les téléphones sans-fil, etc. Si l'arrivée massive de l'électronique dans les maisons a des avantages indéniables en terme de confort et de possibilités de divertissement et de communication, elle augmente notre consommation d'énergie. La tendance actuelle au sans fil n'arrange d'ailleurs pas les choses. Toutefois les constructeurs commencent à se pencher sur la question et a offrir des produits moins consommateurs et aux veilles plus efficaces
 Evolution des consommations d'énergie (electricité et autres) dans le secteur résidentiel (indice 100 en 1973)
- Le problème se retrouve également dans le secteur tertiaire : même si l'évolution est deux fois moins rapide (indice 100 en 1973, 140 actuellement), la consommation d'électricité spécifique est à peu près équivalente à celle du secteur résidentiel. De nouveau, l'éclairage à ourance et le matériel informatique sont à mettre en cause.
L'amélioration de la situation doit se faire de deux manières à la fois :
- Diminuer la consommation d'électricité dans les logements : des appareils électroniques performants doivent être mis à dispositiondu consommateur, notamment en terme d'audiovisuel et d'informatique. Par exemple il existe actuellement peu de modèles de modem ou de box internet que l'on peut éteindre dans les débrancher! Les modes veilles doivent devenir plus efficaces. Sinon il reste toujours possible d'utiliser des multiprises à interrupteurs...
- Mais au delà des problèmes comportementaux, le ré-équipement des ménages se heurte à un problème financier. Il est donc primordial d'étudier convenablement la production électrique de pointe et de mettre en place des moyens de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Les turbines à gaz ne sont clairement pas une solution durable...
Dernière mise à jour : 16-04-2009 12:54
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A poursuivre
Ecrit par: cosserat (Membre) le 21-04-2009 12:50