| Ecrit par Quentin_MNLE,
le 14-04-2009 15:36
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Publié dans : Articles, Habitat |
Nous avons déjà évoqué le DPE (et présenté un exemple qui en démontrait les limites) , qui permet un diagnostic de la consommation énergétique et des émissions de gaz à effets de serre d'un logement.
Si ces renseignements sont utiles et clairs pour une professionnel de l'énergie, qu'en est-il du béotien. Un kiloWatt-heure, à quoi cela correspond? L'affichage couleur donne déjà une piste. Mais quand on considère que la norme arrivera bientot à 50Kwh/m² et par an (le vert foncé sur l'étiquette énergie), on se demande si les références prises sont justifiées...
Décryptons donc les consommations énergétiques en quantités tangibles, et approfondissons sur ce qui est mesuré et ce qui est consommé.
- Un kilowatt-heure, ça correspond à quoi?
Si l'on s'en tient à la stricte définition du kWh, on s'aperçoit qu'il s'agit d'une unité majoritairement utilisée pour mesurer l'énergie électrique produite ou consommée. Un kWh, c'est l'énergie consommée par un appareil de 1000W pendant une heure. Une ampoule de 60W allumée pendant 24h consommera donc 1,44 kWh.
Toutefois cette unité est également utilisée comme unité d'équivalence entre les différentes sources d'énergies. Dans le cas des combustibles, le pouvoir de combustion (la quantité d'énergie que l'on va pouvoir récupérer lors de la combustion) est généralement donnée en Joules (L'unité directement dérivée du système international des unités). Par exemple on sait que le pouvoir calorifique inférieur est d'environ 42000 kJ/kg. Or un Joule, c'est également l'énergie consommée par un appareil de 1W pendant une seconde.
Vu que 1h=3600s, on peut établir que 1Wh = 3600J. Donc 1kWh = 3600kJ. On obtient donc un PCI pour le fioul de 11,67kWh/kg, soit environ 10 kWh/litre. Voilà une unité plus facile à utiliser, le litre de fioul! Donc pour une maison de 100m², une consommation d'énergie pour le chauffage de 150kWh/m² par an revient à dire que l'on consomme l'équivalent énergétique de 1500 litres de fioul!
Evidemment cette façon de voir les choses est un peu réductrice, mais permet de quantifier les enjeux en termes plus imaginables qu'en kilowatts, en joules et en secondes.
- Que mesure-t-on exactement?
On le sait déjà, le DPE mesure la consommation d'énergie du chauffage, de la climatisation, de la production d'eau chaude sanitaire
(ECS), mais pas de l'électricité spécifique (éclairage, appareils
électroménagers...). Mais la où les choses se compliquent, c'est qu'il existe deux notions différentes d'énergie :
- L'énergie finale : C'est l'énergie "au compteur", celle livrée au consommateur pour être transformée directement chez lui (électricité, fioul domestique, gaz naturel, etc.),
- L'énergie utile : C'est le dernier stade de transformation de l'énergie finale dans les appareils du consommateur. (Energie mécanique, chaleur, lumière, etc.),
- L'énergie primaire : On peut la définir comme la ressource énergétique avant transformation (pétrole, bois, gaz, et par extension l'électricité provenant de sources "alternatives" comme le nucléaire, l'hydraulique, le solaire ou l'éolien).
La différence entre énergie primaire et énergie finale prend donc en compte tous les rendements de transformation. La France a consommé en 2004 environ 275 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole - 1tep=11630kWh=1,38 tonne de fioul domestique) d'énergie primaire, soit
le double de celle qu'elle produit. D'un autre coté, elle a consommé 161 millions de tep (Mtep) d'énergie finale,
dont : 23,4% dans l'industrie (3,6% dans la sidérurgie), 43,3% dans le résidentiel
et le tertiaire, 1,8% dans l'agriculture, 31,5% dans les transports. (Source DGEMP).
Actuellement la réglementation exige des mesures de consommation d'énergie se font en termes d'énergie primaire. Afin de permettre une conversion entre l'énergie électrique consommée (relevée au compteur) et l'énergie primaire, on utilise un coefficient de conversion de 2,58. Un kWh au compteur équivaut donc à 2,58 kWh transformé par la centrale. Et le chiffre est bas en France en raison de l'utilisation d'énergie nucléaire et hydroélectrique! La formulation des consommation en énergie primaire est donc évidemment une bonne chose, puisqu'elle permet de rendre compte des rendements de la chaine de production. Toutefois l'utilisation d'un coefficient de 1 pour les sources fossiles est un peu optimiste puisqu'il ne prend pas en compte le raffinage et le rendement de production.
La réglementation de la consommation en termes d'énergie finale aurait pour effet de favoriser énormément le chauffage électrique face aux autres modes de chauffage. Ceci permet d'éviter un déséquilibre de la consommation d'électricité vers une production de pointe qui est généralement assurée par des centrales fossiles, dot le bilan environnemental est mauvais. Toutefois, la RT 2005 (encore en vigueur actuellement) est assez permissive en termes de chauffage électrique puisqu'elle permet une consommation de 250kWh/m² par an dans ce cas (contre 130 pour le reste)
La surface de référence utilisée dans la mesure des consommations d'énergie est la SHON (Surface Hors Oeuvre Nette). Elle correspond à la surface des planchers de la maison, non compris les balcons, les toitures terrasses, les garages, les combles et sous-sols non aménageables, et une déduction de 5% (pour l'isolation). La fiche de calcul du MEEDDAT
il est évident que dans certains cas (dépendant de la conception du bâtiment) l'utilisation de cette surface peut poser des problèmes de calcul, par exemple dans le cas ou on chauffe des pièves non aménagées, ou son sous-sol... L'idéal serait l'utilisation d'une "surface chauffée", mais on se heurterait à un problème de législature puisqu'elle est difficilement réglementable.
Dernière mise à jour : 21-04-2009 10:14
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