| Ecrit par Quentin_MNLE,
le 03-12-2008 14:18
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Publié dans : Articles, Habitat |
Disponibles sur le marché depuis quelques années, les lampes lampes fluorescentes compactes (LFC ou fluocompactes), appelées plus souvent « lampes à économie d’énergie » sont en passe de devenir le nouveau standard de l’éclairage domestique. L’éventuelle interdiction des lampes à incandescence d’ici 2010 va encore renforcer cette tendance. Il faut toutefois faire preuve de prudence et s’assurer qu’elles apportent un réel progrès avant de se jeter sur ce type de produit.
Le fonctionnement d’une lampe à incandescence et d’une lampe fluocompacte sont complètement différents. Dans une ampoule à incandescence classique, la lumière est produite en portant un filament de tungstène (dont le point de fusion se situe à 3400°C) à très haute température. Pour éviter que le filament ne se consume, on a préalablement ôté l’air inclus dans la bulle en verre pour la remplacer par un gaz inerte (argon, krypton,…). La durée de vie de l’ensemble est limitée par la désagrégation du filament métallique. Habituellement on estime cette durée de vie à environ 1000h.  En ce qui concerne la lampe fluocompacte, le procédé est plus complexe. Le culot de l’ampoule contient un circuit électronique qui produit 100 arcs électriques par seconde. Les électrons circulent alors dans le tube et heurtent des atomes de mercure vaporisé, produisant un rayonnement ultraviolet. Ces UV heurtent ensuite le revêtement interne du tube, composé de sels de phosphore, qui réagissent par fluorescence et produisent une lumière visible à l’œil nu. Le principe est le même que pour les tubes fluorescents classiques (communément appelés néons). Ici la durée de vie est limitée par l’amincissement des électrodes. Elle dépend fortement des modèles et de leur provenance, se plaçant dans une fourchette de 4000 à 20000h pour les modèles les plus perfectionnés.  - Des économies (d’énergie) ?
L’un des principaux arguments de vente des LFC sont leur consommation d’énergie réduite. Le rendement « lumineux » d’une ampoule classique se situe entre 14 et 25 lumens/Watt, alors qu’on se trouvera aux alentours de 60 à 70 lm/W pour un tube fluorescent. Une lampe fluocompacte de 11W produira donc autant de lumière qu’une ampoule classique de 40-60W. Dans les faits, on observe que 95% de l’énergie consommée par une ampoule à incandescence est dissipée sous forme de chaleur, proportion ramenée à environ 25% pour une LFC. En bref, on va donc consommer 4 à 5 fois moins d’électricité pour s’éclairer de la même façon. Toutefois, si on veut aller plus loin, il faut également considérer l’énergie nécessaire à la production d’une ampoule. Une étude de l’Université Technique du Danemark (datant certes de 1991, mais les procédés n’ont pas tant évolué depuis) nous donne des éléments de comparaison. Cette analyse du cycle de vie nous donne les valeurs suivantes, pour une LFC de 15W et une ampoule à incandescente de 60W : On s’aperçoit ici que les LFC nécessitent à première vue beaucoup plus d’énergie pour être produites que les ampoules à incandescence (environ 6 fois plus). Toutefois, cette valeur d’1,7 kWh correspond environ à 115h de fonctionnement de la lampe. Comparé aux 8000h de durée de vie, cette valeur peut donc sembler négligeable. A signaler tout de même que les chiffres de l’études sont plutôt approximatifs. Tout d’abord, les données datent de presque une vingtaine d’années. Les procédés de production des matières premieres sont depuis plus efficaces. De même les calculs ne tiennent pas compte du filament de tungstène (bien que d’un poids d’environ 0,05g, il y a de grandes chances que l’impact soit négligeable), ni de la présence de gaz rares. On se basera sur ces chiffres uniquement pour un ordre de grandeur et non une vérité universelle. La remarque sur la comparaison entre consommation et production reste valable.
| Production | Opération | Recyclage | | LFC | 1,7 kWh | 120 kWh | 1,7 kWh | | 8 ampoules à Incandescence | 2,4 kWh | 480 kWh | 0 kWh | Clairement, d’un point de vue énergétique (et donc des émissions de gaz à effet de serre), les LFC sont avantageuses. D’un point de vue économique… Une LFC coûte environ 8€ (Attention aux ampoules premier prix, les composants sont souvent d’une qualité douteuse !). En prenant un prix pour une ampoule à incandescence de 1€ environ, on s’aperçoit qu’au final nos 8 ampoules reviennent aussi cher que la LFC (à condition qu’on se trouve bien avec un modèle qui va durer 8 fois plus longtemps qu’une lampe à incandescence). Si on ajoute à ça les 360 kWh électriques économisés, avec un kWh à environ 11cts, on économiserait donc environ 40€ en plus sur la durée de vie de l’ampoule (environ 5 ans). Ceci étant bien évidemment à multiplier par le nombre d’ampoules remplacées.  Evidemment, tout n’est pas rose… Premier aspect et non des moindres, les ampoules contenant des composants électroniques, du mercure, du plomb (dans le verre) et des poudres au phosphore, elles sont considérées comme des déchets dangereux. Elles ont donc une filière de traitement séparées et ne doivent en aucun cas être jetées à la poubelle avec le reste des ordures! Elles sont soumises à la loi DEEE, ce qui implique le fabricant ou le revendeur reprendra les ampoules en fin de vie. L’organisme Recyclum s’occupe ensuite du traitement, moyennant une taxe de 0,25€ inculse dans le prix de vente. Plus particulièrement sur la question du mercure, il est intéressant de comparer la quantité (5mg) à ce que l’on peut retrouver dans les produits de consommation courante : | Article | Teneur en mercure | | Lampe fluocompacte | 5 milligrammes | | Pile de montre | 25 milligrammes | | Amalgames dentaires | 500 milligrammes | | Thermomètre | 500 à 2 000 milligrammes | (Les thermomètres à mercure sont interdits en France et sont donc la uniquement à des fins de comparaison) Même si cette quantité peut sembler faible, elle est à multiplier par le nombre d’ampoules en circulation dans le monde. Il n’y a aucun risque que le mercure s’échappe de lui-même lors de l’utilisation. En revanche, cela sera le cas en cas de bris du tube en verre. D’où une attention particulière à avoir sur la collecte et le traitement des ampoules usagées ! Un aspect qui revient souvent dans les discussions lorsque l’on parle d’ampoules fluocompactes est le rayonnement électromagnétique. Les composants électroniques émettent en effet un rayonnement à hautes fréquences (entre 150 et 300 kHz – Les téléphones mobiles et antennes correspondantes émettant aux alentours de 900 et 1800 kHz pour le GSM et 2100 Ghz pour la 3G). Une étude réalisée par le Criirem (Centre de Recherche et d’Information Indépendant sur les Rayonnements ElectroMagnétiques) prouve l’existence de rayonnement dans un rayon d’un mètre (cela exclut l’utilisation en tant que lampe de chevet, par exemple) avec des valeurs importantes dans un rayon de 20cm. Toutefois l’inclusion de blindage dans le culot des ampoules réduirait considérablement ce rayonnement. Il est surtout à espérer que les LFC ne sont pas une solution trop vite adoptée dans une démarche « écolo-marketing ». On économise bien de l’énergie, mais les inconvénients (recyclage difficile, rayonnements,…) ne compensent-ils pas cet avantage ? D’autant plus qu’il est bon de rappeler que l’éclairage domestique représente environ 1% de la consommation énergétique en France.
Sources : ADEME, Canton de Vaud, Technical University of Danemark, (riirem Dernière mise à jour : 10-12-2008 14:01
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Bien mais continuons la réflexion
Ecrit par: cosserat (Membre) le 08-12-2008 09:25